Ce qui surprend souvent le lecteur nouveau de Haikus, et Tankas, c'est la brièveté de la forme.
Le laconisme étant une vertu militaire, on peut supposer que les sociétés fortement hiérarchisées
y ont recours naturellement, celle du Japon du temps de BASHÖ ne faisant pas exception.
Ce genre poétique a en effet quelque chose de spartiate.
Dans le même ordre d'idées, l'économie poétique d'Hiroshige, dans ses estampes de fleurs
comme dans ses paysages, est remarquable. Et davantage encore dans ses pages d'esquisses
où il va toujours directement à l'essentiel, et ne laisse aucun détail insignifiant, même si de nos
jours ces détails ne nous semblent pas toujours aussi indispensables qu'au peintre, parce que
la culture de l'époque nous échappe aujourd'hui en partie.
C'est ce rapt par la pensée et la vision qui impressionne le lecteur de poème ou le contemplateur
d'estampe : chaque oeuvre est le résumé d'un monde. Plus on se pénètre de la culture de ce monde,
celui du temps de l'Ukiyo-e en particulier, plus la charge poétique des oeuvres s'affirme.
C'est ce qui fascine aujourd'hui encore dans l'Art Japonais. L'émerveillement vient de la force
de l'esprit japonais s'emparant de la réalité des choses. Admirable leçon.