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Un petit blog en construction, avec les étapes du Tokaido de Hiroshige reconstiuées à partir du Tokaido vertical fait en collaboration avec Kunisada.

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Exils



Exil prochain
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Chantons chantons les harpes du vent
le froncement des cordes velues des pins
l'essor froufroutant des subites colombes
et nos délires au sein du temps qui passe
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Si peu de temps nous reste à nous aimer !
Chiches les cigales nous comptent les secondes
et là-bas les minutes nous arrivent par vagues
de bulles blanches fomentées par l'horizon
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Est-il plus verte splendeur que cette verte mer
Plus extatique recueil du soleil que celui des oliviers
qu'un caprice du vent change en toison d'argent
Ah l'aïoli dans les plats en terre sur la longue table !
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Un jour je veux me retirer sur un tertre de rocs
pourpres dénicher quelque grotte où vivre ermite
en contemplant à chaque aube l'innombrable
solitude d'une mer dont la fraîcheur du ressac le soir
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chaussera mes pieds de pantoufles transparentes.








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Vision andine
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Le bout de ses cheveux trempait dans la fontaine
comme elle interrogeait en sa fleur la beauté
La quena en sifflant apportait la voix des montagnes
que remportait le vent avec l'écho du sentiment
tragique de la vie tel un grand oiseau blanc et noir
rasant les touffes d'alfa sur le plateau traversé de brouillards
Plus rien d'autre n'avait lieu que la fugacité du rêve
dont nul ne revient jamais intact.




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Un dimanche de mai
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Isolé désolé le vent allergisant balaie les fleurs
tombées des platanes et soulève leurs pollens
Les carrosseries d'autos au long des trottoirs
en sont empoussiérées C'est dimanche 10 mai
Les gens ne sont pas réveillés Les rues vides
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L'air froid de temps en temps a goût de piment
Ajoutons deux ailes à cette langue d'oiseau et
(disait le poète) on verrait s'envoler une libellule
Le matin bientôt va s'agiter Le soleil réchauffer
sur la place les marchands des quatre-saisons
.
Sur les étals il y aura la beauté des aubergines
luisantes comme un clan de tout petits orques
Alignés les poireaux verts et blancs telles
les risées de la mer Et les citrons et les carottes
et le violet aux joues des navets Et le persil
.
joliment frisotté qui fait toujours penser à...
Mais aussi les pommes en pyramides les poires
les anémones du fleuriste les oeufs du volailler
identiquement parfaits dans leurs cartons de six
qui sont le symbole immémorial de la création
.
Nous irons nous asseoir au bord de la fontaine
Tes longs cheveux s'allongeront de leur reflet,
ondulations d'ambre doré sur le ciel ondulant
Comme autrefois je passerai mon bras par dessus
ton épaule et je te glisserai dans le creux de l'oreille
.
ces amoureux secrets qui te feront rougir !


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Alchimie du masque
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Comme un loup vénitien perdu dans un couloir de marbre
le masque d'or du poème abandonné sur la page
et nul de sait de quel visage disparu il gardait le secret
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Celui qui le portait s'est enfui Peut-être s'est-il
dévoilé pour quelque belle conquête – une Célimène
que sa grâce destinait au rôle d'amoureuse Muse
.
Et tandis que le silence à nouveau règnait sur l'espace
froid, par jeu un passant de hasard a ramassé l'objet
et l'a serré sur son propre visage en consultant les miroirs
.
où l'a surpris la neuve et fulgurante acuité de son regard.








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